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Communiqué de Presse: Un avion militaire atterrit en urgence sur la D113

Un Cirrus SR20, le type d’appareil utilisé par la base aérienne de Salon-de-Provence pour la formation de ses pilotes. Photo : By FlugKerl2 – Own work, CC BY-SA 3.0.

Un avion militaire atterrit en urgence sur la D113 : Terre-Luberon exige l’interdiction du survol du Parc naturel régional du Luberon

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Association Terre-Luberon — www.Terre-Luberon.org


Bonnieux, le 17 août 2026

Ce lundi 17 août 2026, un avion Cirrus SR20 de l’Armée de l’Air, exploité par la base aérienne de Salon-de-Provence pour la formation de ses pilotes, s’est posé en catastrophe sur la départementale D113 et a pris feu après avoir heurté un rail de sécurité. Aucune victime n’est à déplorer, mais c’est le deuxième accident de ce type depuis le début de l’année. L’association Terre-Luberon alerte depuis plusieurs années les pouvoirs publics sur les risques et les nuisances de ces vols d’entraînement au-dessus du Luberon. Elle demande aujourd’hui l’interdiction pure et simple du survol du Parc naturel régional et la révision immédiate des plans de vol.

Un accident qui aurait pu être un drame

L’appareil accidenté, un Cirrus SR20 propriété de la société Airbus Defence and Services, est loué à l’Armée de l’Air pour la formation des futurs pilotes de la base aérienne 701 de Salon-de-Provence, exploité par le Centre de Formation Aéronautique Militaire Initiale (CFAMI) 05.312 «Élisabeth Boselli». Il s’est écrasé sur la D113 et a pris feu après avoir
heurté un rail de sécurité. L’instructeur et l’élève pilote présents à bord ont été légèrement blessés et ont pu donner l’alerte ; aucun tiers n’a été blessé. Deux enquêtes ont été ouvertes, l’une technique par le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aéronautique d’État (BEA-É), l’autre judiciaire par la Gendarmerie.

Des alertes ignorées depuis plus d’un an

Cet accident survient après des mois de signalements restés sans réponse concrète :

  • Été 2025 : premières demandes de l’association auprès d’Airbus Defence and Services pour faire cesser les survols acrobatiques répétés d’une propriété privée, en zone Natura 2000, entre Bonnieux et Lourmarin.
  • Décembre 2025 : réunion à la base aérienne de Salon-de-Provence.
  • 16 janvier 2026 : nouvelle réunion à la sous-préfecture d’Apt. Selon Terre-Luberon, son compte-rendu officiel ne fait état d’aucune concertation avec les autorités environnementales sur le respect des zones Natura 2000.
  • 10 avril 2026 : un autre Cirrus SR20 de la base de Salon-de-Provence s’écrase lors d’un vol d’instruction à basse altitude près de la montagne de Lure, dans les Alpes-de Haute-Provence. L’instructeur et l’élève pilote, blessés, sont hospitalisés.
  • Depuis : les vols biquotidiens se sont poursuivis, voire intensifiés, avec des figures acrobatiques répétées au-dessus d’une zone de protection spéciale (ZPS) abritant des rapaces protégés — aigle de Bonelli, aigle royal, vautour percnoptère — et classée « zone de nature et de silence » par la charte du Parc naturel régional du Luberon.

Une première pétition citoyenne, lancée il y a plusieurs années, avait déjà rassemblé plus de 2 300 signatures. Une nouvelle pétition est actuellement en cours de signature.

« On ne peut pas attendre qu’un avion s’écrase au cours d’un vol d’entraînement dans la forêt des Cèdres, ou pire encore sur le marché de Lourmarin, de Bonnieux ou d’Apt, pour que les pouvoirs publics réagissent » alerte Silvestre Tandeau de Marsac, président de Terre-Luberon.

Une zone protégée, une réglementation non respectée

Le Parc naturel régional du Luberon est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sa faune et sa flore, déjà fragilisées par les canicules à répétition, bénéficient d’une protection stricte au titre de Natura 2000.

Terre-Luberon rappelle que les survols répétés et les acrobaties aériennes au-dessus d’une ZPS sont susceptibles de caractériser le délit d’atteinte aux espèces protégées et à leurs habitats, prévu par les articles L. 411-1 et L. 415-3 du code de l’environnement.

Les demandes de Terre-Luberon

Terre-Luberon demande aux autorités de l’État :

  1. L’interdiction immédiate du survol du Parc naturel régional du Luberon par les aéronefs d’entraînement de la base de Salon-de-Provence ;
  2. La révision d’urgence des plans de vol déjà programmés ;
  3. Le respect effectif de la réglementation environnementale, en particulier des
    obligations issues de la directive Natura 2000, sur l’ensemble du territoire du Parc.

« La formation des futurs pilotes est une nécessité que personne ne conteste. Elle doit s’exercer dans le respect de la réglementation environnementale et de la sécurité des habitants » rappelle Silvestre Tandeau de Marsac. « Il appartient à l’État de faire respecter
la loi. »

Contact presse
Silvestre Tandeau de Marsac Président, Association Terre-Luberon
www.Terre-Luberon.org